Ce qui nous lie – film 2017

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Klapisch prend de la bouteille

Critique de film qui raconte la reprise du domaine familial, à Meursault, par deux frères et une sœur à peine trentenaires, à la suite de la disparition prématurée du père, mort d’avoir respiré des pesticides toute sa vie. Mais la vigne et le vin bio, qui n’avaient encore jamais fait l’objet d’une fiction aussi bien documentée, intéressent moins le réalisateur que les relations humaines.

« L’amour, c’est comme le vin, il faut du temps. Ça doit fermenter. Et ce n’est pas toujours pourri au final », philoso­phe-t-on au caveau. Qu’il s’agisse de la fratrie ou du couple, Klapisch reste fidèle à ses marottes : certains protagonistes frisent la caricature (le beau-père notable, la mère intrusive, le vendangeur fanfaron) et les acteurs ignorent la sobriété, Pio Marmaï et François Civil en tête. Les larmes sont également convoquées avec trop de ­facilité dans les scènes intimes mais le cinéaste réussit, comme souvent, les scènes de groupe, notamment lors de la fête qui célèbre la fin des vendanges et donne envie de prendre un aller simple pour Beaune.

voir film Streaming Au départ d’un pitch simple, on pourrait même dire un cliché, Klapisch réussit en toute simplicité un film complexe qui en apprend autant sur la vigne que sur la famille horizontale – la fratrie en accordant une attention particulière à l’aîné – et la famille verticale – les rapports entre les générations. Et on savoure chacune de ses pépites d’humour, comme ses deux scènes qui voient deux personnages imaginer un dialogue entre deux silhouettes éloignées.

Klapisch ne serait pas vraiment Klapisch s’il ne faisait pas exploser les frontières. De la génération Eramus, il est passé à la génération World. On peut être né à Meursault et s’en aller cultiver la vigne en Australie.

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